Maestris beauté

Interview de Sophie Pannier, ancienne étudiante qui a créé son entreprise

interview sophie pannier

Nous rencontrions récemment Anne-Charlotte, elle aussi ancienne étudiante de Maestris Beauté Lille et aujourd’hui chef d’entreprise.

Aujourd’hui, c’est avec Sophie que nous nous entretenons pour lui poser quelques questions sur son parcours, sa vie professionnelle, ses ambitions, etc. Et on lui demande même des conseils pour vous, futur(e)s diplômé(e)s !



Pouvez-vous nous parler de votre parcours scolaire ?

Je suis une véritable passionnée de l’esthétique depuis toute petite, je suis autodidacte et j’adore apprendre. Je me suis énormément entraînée chez moi et je suis tous les jours des tutos sur Youtube afin de découvrir ou perfectionner une technique. Seulement, mes parents n’ont pas accepté que je fasse un CAP et je suis donc partie en filière générale.

Après avoir fait une école supérieure de commerce et travaillé 6 ans en tant que chef de projet, un plan social est survenu dans mon entreprise. Cela a été pour moi une vraie opportunité de réaliser mon rêve d’enfance : celui de créer mon propre institut de beauté.

Par rapport à mon plan social, ma formation a été financée par mon entreprise. Je suis allé faire plusieurs devis dans les écoles de la région et Maestris Beauté a vraiment été celle dans laquelle je me suis sentie bien et à l’aise.

Durant mon CAP, je me suis toujours sentie bien au sein de cette école. L’équipe pédagogique est accueillante, à l’écoute et accessible. La préparation à l’examen m’a appris à être très exigeante vis-à-vis de moi-même et à adopter des gestes rapides et précis. Ce que j’ai le plus apprécié était la formation corps et la prothésiste ongulaire que j’ai ajoutée à ma formation initiale car c’était moins formel et que ce sont des domaines que je préfère encore aujourd’hui. 9 mois de formation plus tard, me voila prête à ouvrir mon entreprise.

Pouvez-vous nous décrire votre entreprise et nous expliquer vos choix ?

J’ai décidé de me lancer avec la franchise Qipao. D’une part, parce que la banque refusait de me financer si je ne travaillais pas avec une franchise (il faut savoir que 9 indépendants sur 10 mettent la clé sous la porte par an, contre 2 sur 10 en franchise) et d’autre part, parce que même si j’ai des connaissances en marketing et que je suis capable d’élaborer moi-même mes actions de promotions et de marketing, une franchise a déjà « essuyé les plâtres » sur certaines prestations, et a une force de négociation auprès des différents fournisseurs et prestataires (banque, notaire, etc.).

Qipao ne propose pas d’abonnement, cela tombe bien car je déteste le fait d’enchaîner la cliente à une contrainte financière plutôt que de la laisser libre de revenir parce que nous répondons à son besoin et qu’elle est satisfaite de notre travail.

Je travaille avec les marques Carita, Decléor, OPI et le LPG. Nos prix attractifs nous permettent de gagner des parts de marché et de nous différencier de la concurrence. Ces prix sont possibles grâce à la négociation faite en amont par la franchise. Je n’aurais jamais pu négocier ces tarifs seule.

Je nous considère comme un institut haut de gamme décontracté. Pas de chichis, mais un accueil et une prestation irréprochables. Les épilations doivent être parfaites et la cliente ne doit pas faire la différence entre son soin Carita qu’elle a reçu dans un spa et celui que je lui propose.

J’ai ouvert mon premier institut en octobre 2016 et je viens d’ouvrir mon second en mars 2018. Je gère aujourd’hui 7 personnes. J’aimerais ouvrir mon prochain institut d’ici la fin de l’année pour en avoir jusqu’à une dizaine.



Selon vous quels sont les pré-requis et qualités personnelles à avoir pour exercer votre métier ?

Il est extrêmement important d’étudier le marché avant de se lancer. Il faut aussi savoir faire un business plan pour savoir si votre projet est viable ou non, et être bien entouré.

Si vous souhaitez travailler en équipe et gérer des personnes, il faut avoir des qualités humaines et beaucoup de bienveillance. N’oubliez jamais que vous travaillez avec l’humain, avec ses forces et ses faiblesses et que c’est à vous de vous adapter à chaque cas pour faire grandir votre équipe et les fédérer dans votre projet et votre réussite.

Il faut aussi savoir gérer le stress. Si votre entreprise ne tourne pas comme il faut, il ne faut pas oublier qu’on viendra vous saisir votre maison et que vous risquez de tout perdre. Réfléchissez bien avant de vous lancer car les conséquences sont à la hauteur des risques.

Qu’est-ce qui vous a amené à créer votre propre entreprise ?

Mes parents étaient commerçants et j’aimais le fait de ne pas avoir de compte à rendre à un supérieur hiérarchique. J’ai toujours été une leader et je ne supportais pas qu’on me dise ce que j’avais à faire. Aujourd’hui j’ai des comptes à rendre uniquement à mon banquier, mais fort heureusement, cela se passe très bien.

J’aime aussi beaucoup gérer l’humain et faire grandir mon équipe, aussi bien personnellement en leur transmettant des valeurs, que professionnellement en les formant à des techniques de pointe (tatouage des sourcils, extensions de cils…).



De quel accompagnement à la création avez-vous bénéficié ?

Pour créer mon entreprise, j’ai eu l’aide financière du plan social de mon entreprise et l’accompagnement de la franchise.

Pouvez-vous nous décrire une journée type ?

J’ouvre l’institut à 9h, je réalise mes rendez-vous. Je passe ensuite mes commandes fournisseurs. Je forme mes filles à des nouvelles techniques. Je reçois chacune de mes filles 30 minutes individuellement une fois par semaine afin de faire le point sur la semaine écoulée, les chiffres, les prestations et les ventes afin de se donner des objectifs pour la semaine à venir. Elles ont ensuite des primes si leurs objectifs sont atteints. Chaque minute est comptée.

Qu’aimez-vous dans votre métier ?

Le contact humain, le fait de ne jamais faire la même chose (la carte des soins est très large) et manager mes filles.

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?

Ayant un enfant qui a besoin d’un suivi particulier et qui n’est pas scolarisé à temps plein, j’ai dû m’adapter.

Pour cela, j’ai nommé dans chacun de mes instituts une responsable que j’ai formée personnellement afin qu’elles puissent gérer le magasin lorsque je ne suis pas présente. Lorsque j’ouvre un nouvel institut, je nomme en tant que responsable une fille de confiance qui a déjà travaillé pour moi dans l’institut précédent. Cela permet de valoriser leur expérience et c’est une preuve de reconnaissance.

Je me répartis maintenant entre les 2 instituts tout en ayant du temps pour mon fils. Il sera petit à petit scolarisé normalement d’ici un an ou deux, cela me permettra de me dégager du temps pour être ensuite dans mes prochains instituts.



Quels conseils donneriez-vous aux élèves qui veulent se lancer dans cette aventure ? Quelles sont les erreurs à éviter ?

Très honnêtement, si vous voulez ouvrir votre Institut, ne vous contentez pas d’un CAP. Le CAP vous permettra de travailler un peu mais trop de prestations ne sont pas acquises (maillot intégral, rehaussement de cils, ongles en gel, vernis semi permanent, massage….).

La clientèle est très exigeante et ne se contentera pas de prestations qui ne soient pas parfaitement maîtrisées. Faites au moins un brevet professionnel ou un BTS, vous aurez des notions en gestion et en management.

Je vous conseille vivement de travailler avec une franchise. Elle saura vous accompagner dans votre projet et négocier les prix. La clientèle ne va pratiquement plus chez un indépendant.

Renseignez vous auprès de la chambre des métiers, ils peuvent vous faire suivre des stages pour créer votre entreprise.

Testez l’idée autour de vous, interrogez vos proches, faites une enquête de rue.

Soyez aussi très attentive à l’emplacement de votre commerce. Il faut qu’il soit visible et accessible.

Enfin, aimez les gens et amusez vous !