Maestris beauté

Success story #2 : Elodie, élève en socio esthétique crée « Les Mains sur le Coeur »

Interview d’Elodie, créatrice de son entreprise en socio-esthétique

Elodie, parlez-nous de votre parcours scolaire

Je m’appelle Elodie, j’ai 37 ans.

Issue d’une formation commerciale, j’ai acquis une expérience de 15 ans dans ce secteur où j’ai été amenée à occuper des postes tels qu’employée libre-service, hôtesse de caisse, vendeuse, adjointe de magasin et responsable de magasin pour le dernier emploi.

Puis, désireuse de contribuer à un nouvel environnement de travail à vocation sociale, j’ai entrepris une démarche de reconversion professionnelle vers un BTS Economie Sociale et Familiale que j’ai obtenu en 2015.
Passionnée par l’univers de la beauté et par les activités manuelles, je me suis penchée vers un projet pouvant allier mon intérêt pour l’esthétique, la créativité et ma soif d’aider les personnes fragilisées.
C’est après de nombreuses recherches personnelles que j’ai découvert le métier de socio-esthéticienne.
La formation socio esthétique constitue selon moi, un lien entre la dimension sociale de mon BTS ESF et mon grand intérêt pour l’esthétique.
Au cours de ma formation « économie sociale et familiale », j’ai eu l’opportunité d’accompagner et animer des ateliers « Bien-être » auprès d’un public fragilisé. J’ai mené deux projets sur des publics présentant différentes caractéristiques : handicap moteur lourd, mental, psychique, maltraitance, personnes en détresse…
Ces projets avaient pour objectif de travailler l’estime de soi, la confiance en soi, d’où l’envie de m’orienter vers la socio-esthétique.

Aujourd’hui, je suis diplômée d’un CAP Esthétique et formée à la socio-esthétique, diplôme et formation desservies à l’école Maestris Beauté de Lille.

Décrivez-nous votre entreprise

J’ai créé ma micro-entreprise « Les Mains du Cœur » en Octobre dernier.
Le statut juridique d’une microentreprise est idéal et simplifié pour le démarrage/lancement d’une activité et pour tout créateur débutant.
Je suis socio-esthéticienne et propose des soins de beauté adaptés à la personne et à la situation de la personne accompagnée.
J’interviens dans le milieu associatif, médico-social et d’insertion professionnelle.
Je prends en charge un public différent de celui qui fréquente les instituts de beauté.
Mes prestations et outils (soins du visage, modelages, soins des mains/pieds, maquillages…) consistent à donner à la personne, le sentiment d’être reconnue dans sa valeur propre et l’engager à communiquer et à exprimer ses émotions.

Mon métier est d’encourager, d’apprendre ou réapprendre le goût du contact, faire éprouver à nouveau des sensations de bien-être, de plaisir.
C’est aussi oeuvrer dans le maintien du lien social et l’insertion professionnelle, aider à retrouver son épanouissement, sa confiance et son estime de soi.
Je réponds aux demandes et besoins des structures par le biais d’interventions individuelles et/ou collectives sur différentes thématiques (bien-être, estime, hygiène, insertion professionnelle…).

Selon vous, quels sont les prérequis et qualités personnelles à avoir pour exercer votre métier ?

Selon moi, s’orienter vers la socio-esthétique n’a rien de hasardeux.
Il s’agit d’un métier qui demande naturellement de l’empathie : qualité innée qui ne s’apprend pas mais qui constitue une valeur pour vous et donc présente en vous.
Ne pas oublier qu’entrer dans la « bulle » d’une personne engage une certaine confiance nécessaire à cette dernière car elle vous accorde le droit d’accéder à son corps mais aussi à sa vie et intimité.
Cet accès n’est pas anodin.
Vous êtes désormais liée à elle (personne/patient-e) parce qu’elle vous a donné les clés de son parcours de vie et de son corps.
Des clés destinées à lui délivrer un certain nombre de codes afin de déverrouiller ainsi, certaines problématiques de santé et de fragilités.
C’est pourquoi selon moi, être socio-esthéticienne, c’est avant tout un « savoir-être » pour un « savoir-faire ».

Qu’est-ce qui vous a amené à créer votre propre entreprise ?

Le fait d’avoir travaillé plusieurs années en tant qu’adjointe/responsable de magasin en prêt-à-porter a suscité le goût du challenge.
En effet, j’ai été amenée à endosser des responsabilités et ainsi à développer une certaine autonomie dans la réalisation de mon travail.
Mes compétences en management/comptabilité/vente/gestion acquises au cours de mes expériences professionnelles apportent une « certaine facilité » à l’exécution des tâches et surtout, à la prospection commerciale liée à mon activité.

De quel accompagnement à la création avez-vous bénéficié ?

J’ai été accompagnée par la BGE de Lens et de Béthune. La BGE est une aide destinée aux futurs créateurs et créateurs d’entreprise.
Elle propose un certain nombre de dispositifs permettant de vous accompagner dans les démarches de création : ACTIV’CREA, réunions d’informations, ateliers, accompagnements collectifs et individuels.

Décrivez-nous une journée-type

Il n’existe pas de journée-type selon moi lorsque nous sommes micro-entrepreneur.
En revanche, des réflexes et organisations sont indispensables dans l’accomplissement des tâches et dans la promotion de son entreprise.
Des préparations/rédactions en amont et en aval sont nécessaires dans la mise en place des interventions : consultation de son agenda, checking/traitement des mails, établissement de devis, études des demandes, création de supports, achats/rassemblement de matériel, fiches d’activités, création de planning des activités, rédaction de bilans/compte-rendus, évaluation des activités…).
Mais la prospection commerciale fait partie intégrante du métier : taper à la porte des structures environnantes !
Car vous seul(e) devez aller chercher les clés de ces portes…
Je propose également des prestations en parallèle chez les particuliers.

Qu’aimez-vous dans votre métier ?

Tout ! 😉
J’aime la « non-routine », le challenge ainsi que les projets innovants… J’apprécie les rencontres avec le public, l’effervescence d’un groupe, les échanges, la complémentarité avec les professionnels, les effets des soins et ressentis (sourires, larmes de joie….).
J’aime aussi l’autonomie et l’indépendance dans les activités: pas de chef ou de patron derrière vous 😉
Enfin, ce que j’apprécie également, ce sont ces échanges de savoir-faire, ces apprentissages mutuels qui vous font grandir et réfléchir davantage sur la vie…

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?

D’abord, Par l’organisation d’un planning jonglant entre vie privée et professionnelle.
En me « coupant » et ne plus parler « boulot » à la maison.
En me consacrant des temps de détente et de « lâcher-prise » qui permettent de libérer ainsi toutes les émotions générées par les situations rencontrées.

Quels conseils donneriez-vous aux élèves qui veulent se lancer dans cette aventure ? Quelles sont les erreurs à éviter ?

Concernant la formation :

Se tourner vers la socio-esthétique doit être ressenti comme « une évidence » je dirais. Les choses seront tellement plus faciles !
Selon moi, il faut partir du principe que vous êtes là pour apprendre et ce, tout au long de votre vie… C’est-à-dire endosser le statut d’apprenti et accepter l’erreur aussi…
Inutile de mettre la barre trop haute ni d’être trop exigeante avec soi, je sais de quoi je parle, perfectionniste que je suis ! ;-))
Une concentration et assiduité sont nécessaires pour distribuer correctement de la « bonne énergie » dans les activités en vue des épreuves et examens finaux.
Une organisation dans l’apprentissage des cours et dans la rédaction de dossiers est indispensable.

Concernant le métier :

Le métier de socio-esthéticienne et entrepreneur demande de la patience et de la détermination.
La socio-esthétique est pour moi, « un engagement réciproque » entre la personne (ou le/la patient-e) et vous.
Vous vous engagez à la prendre en charge dans les meilleures conditions et inversement, la personne accompagnée se rendra « actrice » de sa propre prise en charge.
Une fibre commerciale est indispensable au métier et au démarchage vers les clients/entreprises.
La passion pour votre métier se re-transposera au travers de vos activités si celle-ci est perçue comme une évidence…
Ne pas hésiter à se tourner vers les structures, votre entourage pour alimenter votre réseau. Le bouche à oreille est une des clés de la réussite…
Si vous vous apercevez que le côté commercial constitue votre point faible, dirigez-vous vers des organismes compétents qui sauront vous accompagner et vous aider.
La création d’entreprise se prépare et se travaille sans cesse une fois celle-ci effectuée.

Merci Elodie pour ce très beau et complet témoignage. Nous vous souhaitons une totale et longue réussite

Plus d’infos sur le métier et la formation en socio-esthétique.

Retrouvez Les Mains sur le Coeurs sur Facebook